Hymne à la beauté

Charles Baudelaire

L’éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L’amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l’air d’un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied, m’ouvrent la porte
D’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu ?

Charles Baudelaire, 1821-1867, « Hymne à la beauté », Les Fleurs du mal , 1857.

Poème
de l’instant

L’énergie vagabonde

Quand un cheval de Troie entre dans une ville, porteur d’un virus qui affole les esprits et paralyse les corps, on a intérêt à emprunter les seules portes encore ouvertes : celles de la poésie.

Sylvain Tesson, L’énergie vagabonde, Robert Laffont, 2020.