Sextine du temps présent (inédit sur le thème Passeurs de mémoire)

Claude Ber

Sans pitié le couteau du temps
Avant nous détruit nos visages
Et les débris de notre image
Se figent avec notre sang
Mais en cruauté nos carnages
Dépassent de loin ses tourments

Dans l’histoire de nos tourments
La démence de notre temps
Ajoutant son lot de carnages
Aura brûlé vif les visages
Et explosé les corps en sang
Nous dépeçant d’humaine image

Des croyances à notre image
Infligent torture et tourment
Comblant de cadavres en sang
Le cercueil grand ouvert d’un temps
Qui troue d’acide les visages
Et retourne aux dieux de carnages

S’inventent raisons nos carnages
Et de leurs gains cachent l’image
Se vendent jusqu’à nos visages
Quand font massacres et tourments
Recette à la bourse du temps
Où nos mains troquent notre sang.

Nos vérités ont goût de sang
Et sont masques de nos carnages
Grimées à la mode du temps
Vénérant leurres et images
Qui se repaissent de tourments
Aux trous ravagés des visages

Des enfants tués nos visages
Reflètent pour toujours le sang
Des chairs arrachées des tourments
De nos crimes et nos carnages
Nous rendent voyeurs nos images
Terre se meurt pendant ce temps

Pour legs ce temps et pour visage
N’aura qu’image en flot de sang
Rien que carnages et tourments

Poème
de l’instant

Seyhmus Dagtekin

De la bête et de la nuit

Écoute le son devenir étreinte, devenir caresses
Et se glisser loin de ta peau

Seyhmus Dagtekin, De la bête et de la nuit, Le Castor Astral, 2021.