Si je mourais là-bas, poèmes de la Grande Guerre de G. Apollinaire

Si je mourais là-bas, poèmes de la Grande Guerre de G. Apollinaire

Images de Olivier Charpentier
Préface de Jean Rouaud

"Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée"

Cet ouvrage réunit dix-neuf textes d’Apollinaire écrits au front. Poèmes des tranchées mais aussi de l’amour, du désir, de la peur et de l’attente, ils témoignent du lyrisme d’un poète aux prises avec la guerre et éprouvé par l’absence de l’être aimé.

Paru le 1er novembre 2006

Éditeur : Complexe

Genre de la parution : Livre d’artiste

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.