Si je mourais là-bas, poèmes de la Grande Guerre de G. Apollinaire

Si je mourais là-bas, poèmes de la Grande Guerre de G. Apollinaire

Images de Olivier Charpentier
Préface de Jean Rouaud

"Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée"

Cet ouvrage réunit dix-neuf textes d’Apollinaire écrits au front. Poèmes des tranchées mais aussi de l’amour, du désir, de la peur et de l’attente, ils témoignent du lyrisme d’un poète aux prises avec la guerre et éprouvé par l’absence de l’être aimé.

Paru le 1er novembre 2006

Éditeur : Complexe

Genre de la parution : Livre d’artiste

Poème
de l’instant

La panthère des neiges

L’affût commande de tenir son âme en haleine. L’exercice m’avait révélé un secret : on gagne toujours à augmenter les réglages de sa propre fréquence de réception. Jamais je n’avais vécu dans une vibration des sens aussi aiguisée que pendant ces semaines tibétaines. Une fois chez moi, je continuerais à regarder le monde de toutes mes forces, à en scruter les zones d’ombre. Peu importait qu’il n’y eût pas de panthère à l’ordre du jour. Se tenir à l’affût est une ligne de conduite. Ainsi la vie ne passe-t-elle pas l’air de rien. On peut tenir l’affût sous le tilleul en bas de chez soi, devant les nuages du ciel et même à la table de ses amis. Dans ce monde il survient plus de choses qu’on ne le croit.

Sylvain Tesson, La panthère des neiges, Éditions Gallimard, 2019.