Sidérer le silence

Une anthologie poétique dirigée par Laurent Grison

Présentation :

Dans le silence de l’exil, le poème porte l’humanité.

Sidérer le silence rassemble les textes de cinquante auteurs, d’ici et d’ailleurs. Ils sont en français et en langues étrangères (espagnol, italien, allemand, hébreu, persan, serbe…).

Alors que la nuit contraint des milliers d’hommes et de femmes à fuir dans la douleur avec l’espoir de trouver un refuge, s’entend au lointain la parole vibrante et intense des poètes témoins du monde.


Les auteurs :

Claude Adelen, Max Alhau, Jeanine Baude, Tahar Bekri, Eva-Maria Berg, Marilyne Bertoncini, Claudine Bertrand, Béatrice Bonhomme, Michel Cassir, Sylvestre Clancier, Françoise Coulmin, Dragan Jovanović Danilov, Maria Desmée, Malick Diarra, Suzanne Dracius, Pierre Drogi, Chantal Dupuy-Dunier, Laurent Fourcaut, Marie Ginet, Michaël Glück, Pilar Gonzalez Espana, Laurent Grison, Cécile Guivarch, Silvia Guzzi, Colette Klein, Werner Lambersy, Barnabé Laye, Jean Le Boël, Daniel Leuwers, Béatrice Libert, Luis Mizon, Yves Namur, Angèle Paoli, Jean-Baptiste Para, Laurence Paton, Serge Pey, Max Ponte, Jean Portante, Bernard Pozier, Thierry Renard, James Sacré, Patricio Sanchez, Hélène Sanguinetti, Jean-Pierre Siméon, Ronny Someck, Dominique Sorrente, Luigia Sorrentino, Philippe Tancelin, Frédéric-Jacques Temple, Michel Thion.
Image de la couverture : Isabelle Clement

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.