Signer les souvenirs

de Laura Tirandaz

Signer les souvenirs

Gravures de Anne Slacik.

Émaillé de volcans, de fleuves et de roses, Signer les souvenirs est une mosaïque d’impressions et de scènes au fil d’un voyage en Équateur. Au gré des rues de Quito, la capitale, ou de rencontres dans la forêt amazonienne, des noms et des prénoms reviennent, ainsi que des couleurs, comme ce bleu profond des toiles du peintre équatorien Oswaldo Guayasamín.

Cette traversée des jours et des distances, empreinte d’enfance et d’éclats, s’inquiète de voir sa vie s’éloigner autant que ses souvenirs.
Comment intégrer l’expérience vécue dans une existence en dedans de soi ? Qu’est-ce que cela dit de nous ? A quoi appartient-on finalement : à nos souvenirs ou à notre présent ? A nos morts ou à cette existence qui continue "quand même" ?

Attendant le bus
Avec la docilité du chiot tiré par l’enfant qui avance
Avec la stratégie de l’insecte qui sacrifie une patte pour se sauver
je suis les jours qui passent
L’attente de quelque chose de plus grand
A la mesure de l’écho que renvoie la forêt au moteur de pirogue

Prix de la Découverte poétique Simone de Carfort de la Fondation de France

Paru le 1er mai 2019

Éditeur : Aencrages&Co

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.