Solitudes en terrasse

Auteur : Patrice Delbourg

Solitudes en terrasse

Solitudes en terrasse est un livre d’heures liquides et de songeries embrumées. Deux cent vingt-sept portraits littéraires constituent un panorama affectueux et oblique de la littérature. Avec avant tout les grands poètes du XXe siècle, de Pessoa à Michaux, de Celan à Brautigan. Avec aussi quelques figures de naguère, tels Villon, Rutebeuf, Rimbaud ou Verlaine. Avec moult silhouettes de la prose souveraine, tels Flaubert, Bloy ou Zweig. Sans oublier les humoristes à l’âme noire ni les irréguliers visionnaires.
Ce recueil de complaintes des rues et des crus présente un paysage intime, mouillé, téméraire autant que dérisoire, d’une littérature de zinc extrême. À chaque croquis, une boisson spécifique, un estaminet de prédilection, un calicot, une ambiance élue, un comptoir d’étain… et le décor est dressé.
À chaque écrivain de profil, ployé sur son guéridon, correspond un texte déchiqueté. Des troubadours célèbres tels Desnos, Cendrars ou Prévert ; des chantres comme Artaud, Trakl ou Dylan Thomas ; des présences effacées, salut Georges Perros ou Jacques Prevel ; des silhouettes presque oubliées, ainsi Francis Giauque ou Ilarie Voronca. Tout un club d’inconsolables dans la sciure des comptoirs.

Patrice DELBOURG est né et vit à Paris. Poète, romancier, chroniqueur, complice des « Papous dans la tête » sur France Culture, il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages dont Longtemps j’ai cru mon père immortel, Ecchymoses et cætera (poèmes 1974-2004), Les Désemparés (Le Castor Astral) et Les Jongleurs de mots (Écriture). Lauréat des prix Max-Jacob et Guillaume-Apollinaire.

Paru le 1er mars 2016

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.