Somme d’amour

Auteur : Maximine

Somme d'amour

"Dans un entretien paru en 1992, Maximine laissait entrevoir plus nettement encore le fond tragique de son écriture : « Nos vies nous sont données, et reprises. Des êtres qu’on aime s’en vont. C’est très simple. C’est atroce. C’est l’ombre noire et l’hiver glacé qu’on ne peut plus prendre “à la légère”. Mais la poésie nous aide à nous battre, à vivre « contre » la mort. […] Le “message” est donc bien d’espoir, pas facile certes, mais assez fort pour qu’une joie passe : “Foi temporaire”. »
Somme d’amour donc, autant que de douleur. Et dans une forme régulière, autant que travaillée de forces contraires. Somme d’humanité jubilante et souffrante, vouée tout ensemble à l’extase et à la misère. On ne sait jamais bien de quel côté va verser le poème : vers la lumière, vers l’ombre, y a-t-il une différence : « Comme une étoile déchirée / On vit… Bon ce n’est pas cela / N’importe C’est à chaque fois / La même parole étonnée // D’avoir trouvé si loin là-bas / L’astre qui brille votre cœur / C’était quoi déjà la douleur ? / Tu m’écris elle est effacée // Pour un instant pour des années / N’importe Voici les pivoines / Et le temps qui croit qu’il me fane / Se trompe Il m’a multipliée »
L’équilibre est précaire, la vie chancelante toujours, comme enivrée d’un trop fort alcool, est-ce pour oublier : « Cent fois mille fois ma douleur / Mille deux trois mille naufrages / Il ne convient plus à mon âge / De courir un autre bonheur // Qu’ainsi bancale radieuse / Aller vive de tant d’amours / Que j’ose la rime toujours / M’en voici première rieuse // Ceux que j’aime ? Ils n’ont jamais su / Pour qui gardai-je ces silences / Peut-être aimer c’est dieu qui pense / Et prend pour lui ce qui s’est tu » Peut-être aimer c’est dieu qui pense, et prend pour lui ce qui s’est tu…"

Paru le 1er juin 2010

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.