Somnambule du jour

Auteur : Anise Koltz

Somnambule du jour

Anise Koltz est née au Grand-Duché du Luxembourg en 1928. A part de très nombreux voyages en Asie, Etats-Unis, Afrique et Europe, elle a depuis sa naissance toujours vécu dans son pays d’origine auquel elle est très attachée. Du fait de l’occupation des Allemands pendant la dernière guerre, Anise Koltz sera obligée à s’orienter vers la culture allemande. Ses premiers livres seront donc édités à Luxembourg et en Allemagne.
Mais dès les années quatre-vingts, elle n’écrira plus qu’en français, abandonnant complètement l’allemand, sa première langue littéraire. Son mari, le Dr René Koltz étant mort prématurément des suites des tortures que lui avaient infligées les nazis, elle se refuse depuis lors à user de la langue des bourreaux de son époux. De 1963 à 1974, Anise et René Koltz ont animé les " Biennales de Mondorf " qui se voulaient " un laboratoire, si modeste soit-il, de la construction d’une société multiculturelle ".
Avec cette anthologie publiée en Poésie/Gallimard, Anise Koltz explore et expose tous les thèmes d’une oeuvre vouée à l’incertitude, à l’inquiétude de ne pas formuler l’essentiel, c’est-à-dire une réalité qui échappe sans cesse, qu’il s’agisse de sa part visible ou du côté caché des choses. Ne souligne-t-elle pas comme s’il s’agissait d’une évidence : " Autrefois, l’homme avait peur de l’avenir, aujourd’hui l’avenir a peur des hommes ! "

Paru le 7 janvier 2016

Éditeur : Gallimard

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.