Son éclat seul me reste

de Natacha Wolinski

Son éclat seul me reste

« Suis-je orpheline de toi ou de l’absence de toi ? Tu vis désormais en moi comme le soleil de inuit,
lactescent, éperdu de blancheur. Tu habites l’univers et mon arrière-monde. Je ne te cherche pas, tu es partout et introuvable. Tu es tapi dans le mohair des jours heureux. Tu es un lierre au feuillage persistant. La mort n’est pas une fin. Mon refus de ta disparition est tempéré par mon acceptation du monde. »

Cherchant à définir le lien qui l’unit à son père, Georges Wolinski, tué lors de l’attentat contre Charlie Hebdo, l’auteur revit les jours sombres de janvier 2015 et interroge les confins rouillés de sa mémoire, à travers une écriture qui revient inlassablement sur le motif. Entre refus et acceptation, l’adieu au père devient un chant d’amour et de consolation.

Paru le 15 janvier 2020

Éditeur : Arléa

Genre de la parution : Prose

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Georges Didi-Huberman

Survivance des lucioles

Les lucioles, il ne tient qu’à nous de ne pas les voir disparaître. Or, nous devons pour cela, assumer nous-mêmes la liberté du mouvement, le retrait qui ne soit pas repli, la force diagonale, la faculté de faire apparaître des parcelles d’humanité, le désir indestructible. Nous devons donc nous-mêmes - en retrait du règne et de la gloire, dans la brèche ouverte entre le passé et le futur - devenir des lucioles et reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs émises, de danses malgré tout, de pensée à transmettre. Dire oui dans la nuit traversée de lueurs, et ne pas se contenter de décrire le non de la lumière qui nous aveugle.

Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles, Éditions de Minuit, 2009.