Sonnet

Jean Joubert

Marie, autre Marie, Ronsard t’aurait aimée
Dans sa verte jeunesse ou dans son âge mûr
Si le temps n’avait pas élevé ce haut mur
Et des siècles cruels l’infranchissable épée.

Pourtant dans nos jardins fleurit toujours la rose
Dont toujours la beauté nous émeut et nous plaît
Et le temps est le temps qui nous traque et défait
Dans les combats perdus d’une éternelle cause.

L’amour reste l’amour, fascinant et profond,
Et les mots sont les mots de la même chanson
Si les filles n’ont plus d’excessives rigueurs.

Dans ce siècle mourant, puisse la poésie
En entendant sonner le beau nom de Marie
Suivre fidèlement les hauts chemins du cœur.

Poème
de l’instant

« Fabulation »

« Cela » : humus formé par l’effritement et l’évaporation de nos rêves – diurnes autant que nocturnes ¬–, et que viennent féconder les songes ainsi qu’une abeille féconde les fleurs où elle butine. Les songes, montés (ou descendus ?) des confins du visible.

Sylvie Germain, « Fabulation », Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.