Sonnet de décembre

Gabriel Cousin

Sur la haie de lauriers à reflets d’argent sombre
Une rose au sang noir se meurt en cet hiver
Sous d’épaisses pluies rouges sang de toutes ces ombres
Elle meurt sous le givre calice à découvert

Dans l’horreur des décombres dans l’effroi de décembre
La rose glacée pleure l’abeille disparue
Esprit en déshérence sur notre terre en cendre
L’amour n’est plus qu’un leurre sous l’effroi répandu

Dévastés les jardins et le ciel est désert
Ravagées les forêts notre regard se perd
L’eau l’air empoisonnés et nos âmes sont noires

Ailes brûlées les anges ne sont plus descendus
Néant de l’espérance dans ce monde éperdu
Le viol noir de la rose a ruiné la mémoire

L’espérance
d’une rose éclatante

Poème
de l’instant

« Fabulation »

« Cela » : un silence à fleur de murmure, une rumeur saturée de silence, un magma de silence irrigué par un souffle ténu, sifflant, vivace.

Sylvie Germain, « Fabulation », Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.