Sous le genévrier

de Nadja Kuchenmeister

Sous le genévrier

Édition bilingue
Traduit de l’allemand et préfacé par Natacha « Ruedin-Royon »

  • Extrait :

die blumen des bösen

nur ein schneerest, der noch leuchtet.
die reihe laternen kann nicht erhellen
was unter den füßen an boden verschwimmt.

wir sind erschöpft und kaum zu sehen
und hängen einander am arm, stumm verzagt.
es führen wohl wege von hier in die irre.

wir hören davon. wir fragen nicht nach. so
schmilzt auch die wolke im nächtlichen himmel
und was wir uns sagen, da blüht schon der tag.

les fleurs du mal

un lambeau de neige qui scintille encore, seul.
la file de réverbères ne parvient pas à éclairer
ce coin de terre au pourtour flou sous les semelles.

nous sommes épuisés et presque transparents
appuyés chacun au bras de l’autre, abattus et sans voix.
il y a sûrement partant d’ici des chemins d’errance.

nous en entendons parler. ne demandons rien. et
dans ce ciel de nuit le nuage se fond lui aussi tout comme
les mots dits l’un à l’autre, déjà le jour déploie sa corolle.

Paru le 6 novembre 2018

Éditeur : Cheyne

Poème
de l’instant

terrains vagues

Tu cueilles pour moi
des mûres poussiéreuses
au goût de septembre
et pendant qu’entre mes dents
je tente d’écraser les petites graines
je me dis que grandir
c’est à chaque fois quitter l’été.

Géraldine Hérédia, terrains vagues, Le port a jauni, 2021.