Supplique du vivant

Philippe Mac Leod

Supplique du vivant

Présentation :
L’amour seul engendre l’espace
et ne survit que le désir, balle jetée
d’un mur à un autre mur, les yeux comme des billes
et l’issue toujours plus secrète.

Il est des livres dont les mots touchent, ou presque, ce qu’ils désignent. Comme par transparence, s’effaçant devant ce qu’ils veulent transmettre ou faire partager, ils ne décrivent pas mais écrivent ce dont l’auteur vit, ce qui l’a poussé à entamer un chemin d’écriture en rupture avec le monde et ses artifices. Un livre, comme une « supplique du vivant ».

Viens — ce n’est plus l’heure. C’est le temps qui t’appelle.
Plus que du silence. Il tient dans sa main ton souffle et ses chemins.
Seule demeure du grand, du vaste — et sous le glacis des vents
tout s’efface
l’espace est de retour.

Philippe Mac Leod, né en 1954, place son oeuvre sous le signe de l’expérience spirituelle partagée dans l’écriture. Il est l’auteur de plusieurs livres aux éditions Ad Solem.

Texte de l’éditeur.

Paru le 16 janvier 2019

Éditeur : Ad Solem

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.