Sur ma table

de Marilyse Leroux

Sur ma table

Illustrations de Consuelo de Mont Marin.

On pourrait la croire bien banale, la table de Marilyse, avec ses quatre pattes et son plateau de bois. Détrompez-vous, c’est une table extraordinaire, dotée de multiples pouvoirs… Tantôt planisphère, elle vous transporte en un clin d’oeil à l’autre bout du monde en train d’épousseter le Mont-Fuji  !… Tantôt machine à remonter le temps, on la caresse de chaque doigt de la main et elle nous propulse jusqu’à l’arbre dans lequel on l’a taillée. Parfois, une végétation sous-marine s’y installe ou des oiseaux s’y posent, c’est magique !… La chatte dort, tranquille, et la journée ronronne au ralenti

Au travers des courts poèmes de Marilyse Leroux, le pouvoir des mots joue le premier rôle : il nous entraîne pour de fabuleux voyages qui décoiffent le réel et repeignent le monde. D’autant plus que les dessins de Consuelo de Mont Marin participent allègrement à cette fête : ils sont à la fois vifs, colorés, malicieux et complices…
Jean-Claude Touzeil

Mystère

Les lunettes sur la table
regardent quelque chose
que je ne vois pas
j’aimerais bien savoir quoi.

Paru le 1er avril 2019

Éditeur : Donner à voir

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.