Survivre à Charlie Hebdo

A Charb, à Cabu, à Tignous, à Wolinski, à Oncle Bernard…

Fasciste-est-là

Bouche arrachée

Et nous

Où sommes-nous ?

Fasciste-est-là

Le rire saigne

Et nous

Où sommes-nous ?

Fasciste-est-là

Intelligence blessée

Et nous

Où sommes-nous ?

Fasciste-est-là

Libre pensée assassinée

Et nous

Où sommes-nous ?

Fasciste-est-là

Corps mutilés

Et nous

Où sommes-nous ?

Fasciste-est-là

L’horizon barbelé

Et nous

Où sommes-nous ?

Bouche ouverte

Nous sommes là

Rire en berne

Nous sommes là

Intelligence en alerte

Nous sommes là

Pensée vivante

Nous sommes là

Corps debout

Nous sommes là

L’horizon déverrouillé

Nous sommes là

Tristes oh tristes !

Nous serons là

Paris, 07/01/15, 14h10

Marc Delouze

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.