T’ang l’obscur, Mémorial de l’encre

Auteur : Marc Alyn

T'ang l'obscur, Mémorial de l'encre

Avec 30 peintures de T’ang Haywen.

T’ang Haywen (1927-1991), calligraphe de l’invisible d’origine chinoise, ayant vécu à Paris dès 1948, recréait inlassablement le monde d’un pinceau à la fois délicat et puissant. Ce fut un prince en exil voyageant incognito et ne possédant que son œil de phénix pour édifier un univers d’encre et de merveilles. Ainsi élaborait-il d’éblouissantes cosmogonies dans son modeste atelier de Montparnasse. C’est là que je lui rendais visite, au seuil des années soixante, tout au bonheur
de le regarder peindre avec des mines de chat somnambule. Notre amitié dura jusqu’à son décès survenu à 64 ans. « La mort, m’avait-il confié avec un sourire énigmatique, ne met pas fin à nos rêves ».
En effet, depuis sa disparition, son œuvre, de plus en plus visible à travers le monde, fait peu à peu de lui l’un des artistes marquants de la modernité aux côtés de Zao Wou-Ki et de Chang Dai-Chien.

Paru le 1er mars 2019

Éditeur : Voix d’encre

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.