Télérama Sortir - Amira Casar et Fabienne Pascaud


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Amira Casar : “Quand un poème vous parle, il met en marche une forme d’extase”
Par Fabienne Pascaud
Le 8 mars 2023

Elle se dit « outsider » et pleine de paradoxes. Cérébrale et sensuelle, amoureuse de la littérature, de l’art et de l’histoire, russe par sa mère cantatrice, kurde par son père, née en Angleterre et élevée en Irlande, elle ignore en effet toute frontière. Un thème – « Frontières » – qu’a justement choisi le 25e et prochain Printemps des Poètes. Amira Casar en est la marraine, même si elle ne sait pas bien ce que cela signifie… Qu’importe. S’il est une comédienne atypique, anticonformiste, ardemment poétique en somme, c’est elle. Après s’être fait repérer dans trois grosses comédies de Thomas Gilou – La vérité si je mens ! 1, 2 et 3 – et être devenue la sulfureuse égérie de la cinéaste Catherine Breillat, Amira Casar ose tout. Au théâtre, elle enchaîne avec Olivier Py les fiestas poétiques, comme elle goûte les audaces de l’Australien Simon Stone dans Tchekhov. Dès le 1er mai, elle incarnera sur Disney+ la mère d’Anne Frank dans une série de Susanna Fogel, A Small Light. Au festival de Salzbourg, elle sera la récitante de The Indian Queen, de Purcell, sous la direction de Peter Sellars et Teodor Currentzis. Nul doute que l’artiste ouverte à tout porte haut l’étendard de la poésie ce printemps.


Quel est votre rapport à la poésie ?

J’y ai été ouverte par la multiplicité des langues pratiquées dans ma famille. Ma mère, par exemple, avait grandi au Japon et parlait japonais. J’ai beaucoup appris des mots, petite, en l’aidant à apprendre ses textes. Et de la mise en mouvement du corps par ce « wagon de pensées avouées et inavouées » que véhicule la poésie, comme dit le poète anglais William Wordsworth (1770-1850).

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Poème
de l’instant

Coplas

Ce que tu nommes l’avenir
est un futur antérieur où
jamais nous ne pourrons aller.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.