Terre à bonheur

Auteur : Eugène Guillevic

Terre à bonheur

Collection « Poésie d’abord »

Une réédition exceptionnelle incluant des manuscrits autographes inédits mis à disposition par la succession Guillevic.

Terre à bonheur rassemble deux recueils de poèmes de Guillevic publiés pour la première fois par Pierre Seghers au début des années 1950 : Envie de vivre et Terre à bonheur. Selon le poète, ces textes furent écrits « dans une période de basses eaux poétiques, de créativité difficile », dominée par le contexte très particulier de la guerre froide. Une lecture rapide du recueil pourrait laisser supposer que ces poèmes, écrits il y a plus d’un demi-siècle, s’inscrivent dans une conjoncture politique aujourd’hui dépassée. Mais il n’en est rien. Devant la menace d’un conflit planétaire, face au pessimisme de l’époque, Guillevic rappelle avec force, lyrisme et conviction, que la terre est faite pour que les hommes y vivent heureux ; qu’elle est faite pour le bonheur.
Brouillons, variantes, épreuves corrigées et dossier de genèse permettent d’entrer dans l’atelier où l’œuvre s’est élaborée. Ces documents inédits, inventoriés et mis au jour pour la première fois dans ce recueil, s’adressent à tous ceux qui s’intéressent à la génétique des textes. Ratures et suppressions dévoilent le travail par lequel Guillevic raccourcit et raffermit l’expression poétique afin d’aboutir à sa forme définitive.

L’auteur : Eugène Guillevic (1907-1997) est l’un des grands poètes français du XXe siècle. L’ensemble de son œuvre poétique est publiée aux éditions Gallimard, à l’exception de ces deux recueils : Envie de vivre (1951) et Terre à bonheur (1952).

Paru le 26 janvier 2004

Éditeur : Seghers

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Georges Didi-Huberman

Survivance des lucioles

Les lucioles, il ne tient qu’à nous de ne pas les voir disparaître. Or, nous devons pour cela, assumer nous-mêmes la liberté du mouvement, le retrait qui ne soit pas repli, la force diagonale, la faculté de faire apparaître des parcelles d’humanité, le désir indestructible. Nous devons donc nous-mêmes - en retrait du règne et de la gloire, dans la brèche ouverte entre le passé et le futur - devenir des lucioles et reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs émises, de danses malgré tout, de pensée à transmettre. Dire oui dans la nuit traversée de lueurs, et ne pas se contenter de décrire le non de la lumière qui nous aveugle.

Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles, Éditions de Minuit, 2009.