Ton-chan le glouton

Ton-chan le glouton

Voici une pépite de la ­littérature japonaise pour enfants publiée au début de l’ère Showa, période très particulière de l’histoire du Japon à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Un livre déroutant, pour petits et grands, au ton surréaliste, que certains qualifieraient d’absurde, mais ne nous y trompons pas. Des courtes scènes racontent l’histoire de Ton-chan, un petit cochon. Un jour il mange des détritus, un autre il engloutit du charbon, avale de l’eau savonneuse, dévore une balle… Ton‑chan mange tout ce qu’il voit, c’est sa raison d’être. D’ailleurs, l’histoire commence lorsque son amie la petite fille lui demande ce qu’il aime le plus au monde, à quoi il répond : c’est quand je peux manger que je suis le plus heureux.

Traduction de Véronique Brindeau.

Présentation d’Eko Sato.

Ton-chan le glouton, 80 pages, Ypsilon, novembre 2021.

Paru le 28 mars 2022

Éditeur : Ypsilon éditeur

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.