Ton regard. Ta voix

Charles Juliet

Ton regard. Ta voix

tu parais

ton regard s’empare du mien
m’enveloppe de silence de tendresse

ta voix garde l’empreinte
de ce qui t’a meurtrie
et pourquoi naguère n’ai-je pas été là
pour empêcher que survienne
l’épreuve qui t’a laissé cette fêlure

tu parais

mes cinq sens se mettent à l’affût
se tendent avidement vers ta bouche
tes seins tes flancs
vers tes mains prometteuses

c’est toi qui donnes sens et saveur
à ma vie
et pourtant tu es ma blessure
c’est toi qui me fais grandir

Charles Juliet

Poème
de l’instant

Rivages oubliés

Nous sommes devenus des noms innombrables
Immigrants ensemble
Les vêtements de la parole sont à présent secs
Et pour les sanglots
Le voyage Accroche des pinces à linge
Là-haut
Sur les cordes du vent.

Gebran Saad, Rivages oubliés, traduit de l’arabe (Syrie) par Antoine Jockey, Éditions LansKine, 2019.