Tout nôtre aer se noircit

Auteur : Emmanuel Laugier

Tout nôtre aer se noircit

"or - que cela
commence ait
commencé qu’il faille
dire - où vide où
terre où cendre
craie poudre de
rien - le dire
après lui après
son faire : reste pour nous tout
cet air de dire
tout le (nôtre)
se noircit alors
c’est nuit dans la nuit jusque là
l’(aer) tout nôtre
air vient
venant faire
un long - comment
lent ensemencement de la terre
sous les ongles
se colle/est (…)"

Paru le 1er mars 2003

Éditeur : 1 : 1 éditions

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.