Train Ottignies - Gembloux

William Cliff

ce port de tête cet air de noblesse
qui n’a jamais été calculé mais
qui donne néanmoins à ta jeunesse
son je ne sais quoi d’indomptable mais
sans qu’il s’y trouve rien qui soit mimé
ton torse droit ton œil vitreux bizarre
ta bouche taciturne au rire rare
ornent ton corps d’un cachet personnel
qui malgré quelque vide dans ton crâne
le rend désirable et comme éternel

je suis sorti de la gare en dressant
fièrement ma peau promise aux ravages
du temps et relevant de son penchant
naturel la pente de mon visage
j’ai frappé du pied sur le goudronnage
de la rue avec un air de grandeur
en souvenir de tes membres qui leur
si beau maintien montraient en grande aisance
et je me suis juré du fond du cœur
de garder toujours ta noble prestance

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.