Trame : anthologie, 1991-2018, suivie de L’Amour là

Auteur : Pascal Boulanger

Trame : anthologie, 1991-2018, suivie de L'Amour là

Voici un livre « impossible » pour un « petit » éditeur : une anthologie d’un poète français vivant (ah ! s’il avait été Américain… et mort… de tuberculose !), en 368 pages cousues. Pourquoi ce livre ? Nous pensons, avec quelques-uns, que son auteur, Pascal Boulanger, est l’un des meilleurs poètes français contemporains encore en activité. Nombre de ses recueils étant épuisés en librairie, cette anthologie, choisie en étroite collaboration avec l’auteur, le prouvera. Elle est augmentée d’un recueil inédit, « L’amour là », d’un long entretien avec Gwen garnier-Duguy, et d’un appareil critique. Voici un extrait de sa préface par Gwen Garnier-Duguy : « Les recueils de Pascal Boulanger se répondent, en un choral où chaque poème est une fractale contenant la totalité du chant du poète. Empruntant tous les visages, de l’amour, de la rébellion, de la bienveillance, de la lucidité, de la sérénité, de la beauté, ce qui se dégage de ses livres ne relève pas de la séduction. »

Paru le 13 novembre 2020

Éditeur : Tinbad

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.