Transparaître

Auteur : Séverine Daucourt

Transparaître

Les questions de l’enfermement et du mutisme traversent son oeuvre, qui traite aussi des questions du genre, des relations hommes/femmes, des effets de l’altérité, de la place donnée à la sexualité. Son travail sur la langue repousse les frontières du sens en le déjouant, bouscule les codes syntaxiques, explore l’espace linguistique en toute liberté.Dans Transparaître, l’auteure tente de circonscrire, à partir de son expérience et dans un style frontal et accessible quoique toujours poétique, ce qui fait perdurer le “drame féminin”. Sa voix, nue et franche, affirme autant qu’elle questionne, se brise autant qu’elle résiste, énonce mais n’accuse pas. Transparaître serait-il un poème ?

longtemps
je n’eus que des amis hommes
ainsi fut-il
complicité virile
ou signe de fragilité
c’est que les femmes n’ont pas été tendres avec moi
décochant par devant
par derrière
par ailleurs
les hommes aussi
l’idée derrière la tête
je me réfugiais près d’eux pour une causette et
me retrouvais parfois
(comme cosette)
sans mes haillons

Paru le 8 février 2019

Éditeur : LansKine

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.