Triolet cruel

Claudine Helft

Dieu seul à l’heure de ma mort
Saura si j’eus raison ou tort ;
Le jour où tu fis mon destin
Tu me crus faible mais toi, fort.

Dieu seul à l’heure de ma mort
Saura si j’eus raison ou tort
Car je m’enfuis, un clair matin
Où j’étais faible mais lui, fort.

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.