Tu aurais pu vivre encore un peu…

Auteur : Lyonel Trouillot

Tu aurais pu vivre encore un peu…

Le mot de l’éditeur :

Mars 2010. Après Brassens, Brel et Ferré, disparaissait le quatrième mousquetaire de la chanson française : Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum huit décennies plus tôt. Mars 2020 : deux artistes associent leurs talents pour conjurer l’absence de celui « qui aurai[t] pu vivre encore un peu. » L’un est peintre, l’autre écrivain. Ensemble ils redonnent vie à l’homme qui détestait les interdits et chantait les poètes. Celui qui dénonçait « la grande injustice » et « la force imbécile » sans jamais cesser de dire « Que c’est beau, c’est beau la vie ». L’un twiste les mots, plaçant l’œuvre de Ferrat dans le contexte de notre temps ; l’autre peint les êtres que le chanteur aimait « à en perdre la raison » : Aragon, Desnos, Lorca, Maïakovski, Neruda, Machado mort en exil à Collioure… Mais aussi Apollinaire, Baudelaire, Carco, Brassens, Vian, Elsa Triolet, Van Gogh, Hölderlin ou le vieil Hugo. Comme autant d’étoiles d’une constellation fraternelle et engagée.

Extrait :

« Tu avais cependant gardé la certitude que « ce monde de malheur que les hommes se forgent », ils avaient la capacité de le défaire. « L’avenir, l’avenir ne sera pas maudit ». Nous sommes nombreux, dans les pays de langue française, à te devoir la lucidité de dénoncer ce qui n’était que crime au nom de l’avenir, sans trahir l’idée d’un monde avec moins de souffrances et d’injustice.
Trahir ceux qui nous ont trahis.
Sans trahir le rêve d’avenir.
Comme tu le chantais : « Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui ».

Lyonel Trouillot

Paru le 5 novembre 2020

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genres de la parution : Livre d’artiste Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

« Fabulation »

« Cela » : humus formé par l’effritement et l’évaporation de nos rêves – diurnes autant que nocturnes ¬–, et que viennent féconder les songes ainsi qu’une abeille féconde les fleurs où elle butine. Les songes, montés (ou descendus ?) des confins du visible.

Sylvie Germain, « Fabulation », Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.