Tu cours superbe, ô Rhosne, flourissant

Annie Salager

Tu cours superbe, ô Rhosne, flourissant
Les bords imaginaires du voyage
les rives vertes où l’on s’use en passant
aux tourbillons, aux rhombes des nuages.
Ton couteau nu entraîne nos images
de vie si promptes à rejoindre les puits
où demain les noiera d’une eau d’oubli
et là s’apaiseront les jours amers
quand jusqu’à l’os léchés nos mots blanchis
seront le temps qui pose sur la mer.

Hommage à Maurice Scève, sa Délie aux quatre cent quarante neuf dizains décasyllabiques, rimés en ABAB BC CDCD.

Poème
de l’instant

Momin Latif

AVIS À L’AMOUREUX

Ne sors pas dans la rue
L’âme trop visible
Sur tes yeux
On devinera ton cœur
Qui bat
Ton foie gorgé de sang
Tes entrailles qui frémissent
Tu feras rire les enfants
Tu rencontreras peut-être
Le fauve
Que tu aimes tant
Ne lui fais pas peur
Ne sors pas dans la rue

Momin Latif, Peut-être moi, Dumerchez, 2007.