Un battement en elle

Mireille Fargier-Caruso

un battement en elle
un mouvement d’eau douce
rayonnement où elle s’enracine
au centre

l’enfantement
quand la douleur
fait craquer les limites
dans la violence
d’une joie infinie
la chair s’écarte
pour laisser passer l’autre

déjà s’échappe
une liberté neuve

lames de fond
une histoire de mer
recommencée toujours
l’amour prend corps

lui tout contre
voudrait apaiser son cri
essuie son front

dedans c’est elle
elle dont le corps se rompt
elle qui touche l’illimité

au bord du gouffre
elle se lie à l’espèce
ancre la permanence avec sa chair
dans l’évidence limpide d’une suite

elle rassemble
de ses gestes ronds
ce que la souffrance
éparpille

douleur de la séparation
de toute éternité
les mères sont quittées
pour que les hommes vivent

la nuit
dans leurs paumes en creux
l’amour
réunit leurs âmes

ils s’unissent
saisissent le sens

Poème
de l’instant

Ailleurs

Quand je suis en mouvement, sans rien pour m’encombrer, je retrouve des réflexes du plaisir de la vie, du désir de la vie.
Ce n’est pas une fuite, c’est un appel.
L’appel de la vie.
Cette vie qui m’impressionne toujours autant.
C’est pour ça que je suis resté un vagabond.
Quelqu’un qui se contente de passer.
Et qui toujours s’en va ailleurs.
Cet Ailleurs qui me va parfaitement.

Gérard Depardieu, Ailleurs, Cherche Midi éditeur, 2020.