Un ciel à hauteur d’homme

Un ciel à hauteur d'homme

Ce nouveau livre décrit un paysage mental près de la Mort, habité çà et là par les oasis de l’enfance. C’est un chant d’une troublante pureté, offert par cet homme de 86 ans…
Georges Bonnet est né en 1919 à Pons, au cœur de la Saintonge. Enseignant à la retraite, il a écrit une douzaine de recueils de poésie (édités par Folle Avoine, Le Dé bleu, etc.) et trois romans, notamment Les yeux des chiens ont toujours soif (Le temps qu’il fait, 2005). Il a été membre du comité de rédaction de deux revues, Promesse et Oracl.
« Je veux parler une fois encore
des vieux greniers et de leurs paysages au
long cours

De l’haleine des jardins dans un petit jour
en bras de chemise

Des guêpes à tue-tête sur les fruits tombés
Des maisons vétustes aux paupières baissées

De l’automne quand il gémit
Des flaques d’eau où se précipite un ciel
à hauteur d’homme

Des humbles choses qu’on voit au bord des routes
et qui ne sont à personne
De tout ce qui s’offre en vain »

****

« J’attends comme à la fenêtre on attend un visage
comme l’homme appuyé sur sa fourche
attend la mort d’un brûlot

La rampe de l’escalier la douceur d’une main
le silence un chant d’oiseau

Comme l’arbre attend son ombre
une porte condamnée un dernier bruit de clef »

Paru le 1er octobre 2006

Éditeur : L’Escampette

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.