Un cri qui ne reprend jamais son souffle

suivi de Poèmes de la main gauche

Un cri qui ne reprend jamais son souffle
.. il y a dans l’écriture le besoin impérieux de libérer le monde intérieur de ses limites, de lui offrir une voie / voix de sortie, pour obéir à une pulsion vitale, oui comme un cri ou un rire, et d’autre part le bonheur de contemplation du monde extérieur, de ce qu’il offre comme sources et ressources pour étancher nos soifs… Je crois au fond que je n’ai pas le choix d’écrire. Je pense à ces petits vieux qui restent fringants parce qu’ils vont tous les jours s’occuper du jardin.

Paru le 3 juin 2022

Éditeur : La rumeur libre

Poème
de l’instant

Claude Michel Cluny

Odes Profanes

Tout déjà était en toi
même l’âpre saveur des paroles des morts
Avec sur ta bouche close
leur goût d’indicible sel.
Mais empare-toi de l’absence et ose
Va avance aveugle et seul
Toute flèche aime sa cible.
L’enfance le sait qui, libre
(habiter Nulle Part est le plus sûr)
déchire sans innocence
son invisible futur.

Claude Michel Cluny, Odes Profanes, Éditions de la Différence, 1989.