Un homme à l’abandon sauvé par le poème

de Michel Lagrange

Un homme à l'abandon sauvé par le poème

Michel LAGRANGE est professeur agrégé de lettres classiques, à la retraite depuis 2001. Il réside à Châtillon-sur-Seine. Écrivain, poète, conférencier. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, dont certains sont des livres de bibliophilie écrits en collaboration avec des artistes contemporains comme Pierre Soulages, Bernard Foucher… Président du Centre Régional du Livre en Bourgogne jusqu’en 2011. Il donne régulièrement des Conférences à l’Académie des Sciences, Arts et Lettres de Dijon, dont il est membre résident et Lauréat, à l’Association culturelle de Châtillon-sur-Seine, et à l’Alliance Française en Italie (Trévise et Udine.) Il fait partie de l’association « Les Poètes de l’Amitié – Poètes sans frontières » depuis 1974. Officier des Arts et Lettres, Chevalier des Palmes Académiques, Chevalier de l’Ordre National du Mérite, Lauréat de l’Académie française, Prix Bourgogne en 2007 pour son roman « Les Morts de Sébastien Danger », lauréat également du prix Marie Noël en 1988. Actuellement, il achève un catalogue sur le Musée National de Téhéran et un ouvrage collectif d’hommages à Léopold Sedar Senghor.

Paru le 10 juillet 2019

Éditeur : Les presses littéraires

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.