Un miroir au cœur du brasier

Alexis Bernaut

Le feu le vent le veillera

J’avais froissé mes ailes de rage
pour ne pas qu’elles se déploient
comme un journal d’avant-hier
pour allumer le feu

me réchauffer à l’âtre de mes renoncements

Je les lisse aujourd’hui
et mes paumes et mes ailes s’épousent

Le vent m’ayant appris
que le paradis même est un lieu de passage

que volera qui doit voler

et qu’il y veillera

Alexis Bernaut, Un miroir au cœur du brasier, Le Temps des Cerises, 2020.

Poème
de l’instant

Coplas

Admire l’étonnante chose :
mon ombre posée sur le mur
et à la fenêtre la lune !

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.