Une année dès lundi de John Cage

Une année dès lundi de John Cage

Une année dès lundi permet de redécouvrir John Cage (1912-1992), artiste américain aux idées foisonnantes, à la fois compositeur, écrivain et peintre.
Connu en France pour ses compositions qui ont révolutionné la notion d’œuvre musicale, il apparaît à travers ce recueil comme un écrivain et un penseur de premier plan.
L’ouvrage qui se présente sous la forme d’un album est un ensemble composite qui réunit des réflexions sur la musique et sur l’art. Dans ce questionnement sur l’engagement et le rôle de l’artiste à travers des textes d’une inventivité impressionnante, John Cage joue sans cesse avec l’espace, le graphisme et la typographie.
Moment charnière dans l’œuvre de John Cage, pour qui il n’existe pas de barrière entre création musicale et poétique, Une année dès lundi constitue une réflexion capitale de l’artiste sur le principe qui lui tenait tellement à cœur, celui de l’indétermination, appliqué ici aux mots et à l’écriture.

Personnalité aux idées foisonnantes, John Cage (1912-1992) s’intéresse à tout, pourvu que l’invention et la découverte soient au rendez-vous. Pour lui, aucune barrière entre création musicale et poétique. Pour composer et pour écrire, il jette les dés selon la méthode du Yi-King, livre d’oracle de la période confucéenne. Très influencé par la musique, la littérature et la philosophie orientale, il l’est aussi par les techniques nouvelles. Certains de ses poèmes sont composés sur un ordinateur dont il élabore lui-même les programmes. Sa poésie a été très peu traduite en France.

Paru le 1er septembre 2006

Éditeur : Textuel

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.