Une chose pour quoi je suis né

Auteur : Jean-Claude Dubois

Une chose pour quoi je suis né

Cyanotypes de Jean-Marie Perrot.

Voyage dans la mémoire du poète, Une chose pour quoi je suis né est le récit d’une vie, depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte.
Joies, deuils, attachements, éloignements : tous ces moments sont rappelés par les photographies réelles et imaginaires retrouvées par Jean-Claude Dubois. Les textes brefs qui composent ce nouveau livre du poète (Leurs adorables : Chopin, Bach, Schubert, 2007, Les Petits Malheurs, 2017) dressent des portraits, convoquent des instants, des visions, des sensations. Parfois drôle, souvent émouvante, cette chose pour quoi est né Jean-Claude Dubois est, d’évidence, la nôtre.
Les cyanotypes du photographe Jean-Marie Perrot, avec leurs nuances bleu et blanc, rappellent l’incertitude de la mémoire, l’effacement et l’oubli qui guettent. Ils rappellent que le travail de l’artiste consiste aussi à retrouver la trace des choses disparues.

Mon maître absolu en littérature et en poésie : c’est Ingres. Je voudrais écrire comme il peint : des personnages d’une grande beauté formelle mais qui ne sauraient exister en dehors de sa peinture parce qu’ils ne survivraient pas à la réalité. Sa grande odalisque par exemple n’est pas vraiment une femme. Elle a le cou trop long, le dos trop fragile. Sur terre, elle casserait mais sur la toile, elle est mieux écrite que tout ce qu’on a écrit jusqu’ici sur la beauté des femmes.

Paru le 16 mai 2019

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Prose

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.