Une joie secrète

Auteur : Charles Juliet

Une joie secrète

Lavis de BANG Hai Ja.

Il s’agit ici, à travers les formes de l’adversité, intérieure le plus souvent, de s’avancer dans l’indéchiffrable. De s’alléger de tout ce qui encombre. De cet imprévisible cheminement vers le jour - la lumière avivée de l’immense - malgré les embûches de la solitude, de la souffrance. L’effort requis n’est pas sans rappeler les mots de Kafka : « Il a le sentiment qu’il se barre le chemin par le fait même qu’il vit. Mais ensuite, il tire la preuve qu’il vit de cet empêchement. »

Paru le 1er septembre 2019

Éditeur : Voix d’encre

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.