Une sorte d’au delà

André Velter

À ciel ouvert le monde est un soleil levant,
Un éblouissement qui tape au fond des yeux
Et mène par des chemins inoubliables
Vers des lieux des rivages des êtres oubliés.

Droit devant chevalier désarmé,
Le voyage en Orient ne cesse de conquérir une sorte d’au delà,
Une autre solitude un autre accès à soi,
Comme marcher de Séville à Tanger de Kairouan à Babylone Ispahan

 Bénarès ou Lhassa.

Les îles de terre ferme se trouvent sous nos pas,
Aussi réelles que l’éveil de nos utopies actives,
Aussi magnétiques que l’inconnu qui jamais ne s’égare
Et sait de source foudroyée que toute la place est pour la beauté.

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.