Une vendange d’innocents de Robert Vigneau

Une vendange d'innocents de Robert Vigneau

"Roger, paysan

Roger Peillou je te rends grâce
De réserver le soin des vaches
A ramener moi seul du pré
Au blême où les mouches se calment.

Je renaissais cow-boy des films,
Jupin, Gopal, dieux d’illustrés.
Apis, Nandi dans les narines,
J’étais matador dans l’arène.

Le troupeau embaumait devant
Entre les haies des noisetiers.
Tu souriais devant l’étable
A l’enfant que je n’étais plus."

Paru le 1er mars 2009

Éditeur : Maison de poésie

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.