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Fonds : Jean-Pierre Sintive.

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Khlebnikov pleure

10 septembre 2020

Khlebnikov pleure

Traduit de l’allemand par Laurent Cassagnau.
Ce premier livre d’Anne Seidel se déploie comme un regard à la fois scintillant et rétrospectif, fait de très lents déplacements qui soulèvent délicatement paysages, histoire obscurcie et souvenirs. Regard transsibérien, glissement en errance à travers la nuit, à la fragile vibration d’une bougie, mais « regard qui ne sait rien de lui-même ». Poésie d’éclats, de reflets électriques sur la neige, livre miroir où figures du passé et du présent se superposent à (…)

L'échangeur souterrain de la gare Saint-Lazare

20 août 2020

L’échangeur souterrain de la gare Saint-Lazare

Roman intérieur
Six mois durant, le narrateur se rend presque quotidiennement dans la station de métro Saint-Lazare à Paris, avec le projet d’y noter et détailler le mouvement des foules. La méthode se veut rigoureuse, l’approche : scientifique. Le résultat est une dérive folle, une accumulation de chiffres. Il s’agit du relevé, jour après jour, du nombre de corps, puis de bras, d’orteils, d’ongles, de cheveux, qui traversent, arpentent et hantent les tunnels souterrains, jusqu’à la poussière.
Et si on (…)

crayons combustibles

17 juin 2020

crayons combustibles

Traduit de l’allemand par Aurélien Galateau. Postface de Laurent Cassagnau.
« D’où viens-tu ? » est la question que pose Thomas Kling, en ouverture de ce livre. De l’enfance, il convoque l’image fondatrice de son grand-père, les paysages rhénans sous le brouillard, les trophées de cerfs au mur, les auberges, les randonnées en forêt et les scieries de sapin. crayons combustibles puise dans une convergence de sources et d’archives, dans le souvenir et le poème, où Kling réconcilie émotion (…)

Personne

20 mars 2020

Personne

Préface de Ludovic Degroote
Personne réunit une série de textes publiés par Antoine Emaz en éditions limitées, la plupart dans les deux dernières années de sa vie. Au travers de vers brefs, émaciés, tenus par un fil fragile et esseulé, Antoine Emaz touche à la porosité, le calme effritement de l’existence. A marée basse il observe le repli des silhouettes sur la plage, regarde sans la retenir une forme du monde disparaître. Ces êtres lentement dévitalisés dans le ressassement lancinant du paysage, perdus (…)

Dits & Médits

26 février 2020

Dits & Médits

fragments authentiques suivis d’apocryphes adaptés du copte par Daniel Biga
Et comme l’enfant reposé au sol riait dans la lumière, ils le nommèrent Abed Nil Gai. Et ainsi grandit-il, en force, en sagesse, en gaieté. Fellah et artisan, façonneur de briques crues, épandeur de limon fertile, semeur de graines et récolteur de fruits, moissonneur et vendangeur il apprit aussi à tisser le lin blanc, assembler les planches, tailler les tenons et mortaises pour fabriquer les coffres et les meubles. Les (…)

Hui

21 février 2020

Hui

Conçu en trois mouvements pour chercher le jour, Hui est un livre qui engendre le présent. À partir de la danse, de la dispersion des corps dans la musique robotique – on croise ici les boucles sonores de Daft Punk dans les brume des boîtes de nuit – Yann Miralles puise, dans cette répétition pulsionnelle, hypnotique, la syncope des gestes qui surgissent dans le corps, hors du corps, contre l’angoisse, contre l’autre. Pierres roulées dans le souvenir que ces gestes, toutes nos années enfouies, (…)

Si décousu

22 novembre 2019

Si décousu

Ce livre rassemble plus de 40 poèmes, parus en éditions limitées et livres d’artistes, ainsi que de nombreux textes inédits de Ludovic Degroote, couvrant une période allant de 1987 à 2017. Si décousu évoque les promenades solitaires, aussi bien au-dehors qu’à l’intérieur de soi : le paysage de mer au fond des yeux, les villas côtières, la digue, le ciel et les briques. Évoque aussi et surtout, à travers allées et venues, trajets circulaires, variations d’écriture, une façon d’aller toucher le monde comme on (…)

Un ciel étranger

22 novembre 2019

Un ciel étranger

Traduit par François Heusbourg Postface de Flora Bonfanti.
Après « Nous ne jouons pas sur les tombes », ouvrage paru en 2015 qui présentait un choix de poèmes de l’année 1863 – la plus prolifique de l’auteur – et « Ses oiseaux perdus » en 2017, qui se concentrait sur les 5 dernières années de sa vie (1882-1886), nous éditons aujourd’hui des poèmes écrits en 1864 par Emily Dickinson. Cette année-là Dickinson, alors en pleine effervescence créatrice (850 poèmes composés entre 1862 et 1865), effectue un séjour (…)

Poèmes jamais assemblés d'Albert Caeiro

17 octobre 2019

Poèmes jamais assemblés d’Albert Caeiro

Traduit du portugais par Jean-Louis Giovannoni, Isabelle Hourcade, Rémy Hourcade et Fabienne Vallin.
Alberto Caeiro, de tous les hétéronymes inventés par Fernando Pessoa, est un maître de la simplicité, celui qui ne regarde jamais au-delà de la réalité qui passe indifférente devant nous. Au contraire d’Alvaro de Campos, le grand créateur d’allégories universelles, propagateur de modernité, Caeiro se méfie des raffinements du style, des mythes, et des fables qui sont pour lui fantasmes et fumées. À ces (…)

À la vitesse des nuages

11 septembre 2019

À la vitesse des nuages

Femmes défigurées à l’acide, coupures
d’électricité, surnoms qu’ils se
donnent dans les messages radio quand ils
sont en filature la nuit.
Le narrateur avait toujours
parlé le français, cette langue
dont il pouvait prédire qu’elle serait morte
avant que l’on sache où elle finissait.
Il faudrait être moderne à peu près
comme au XVIIe siècle, mais on compte
beaucoup trop d’artistes
aujourd’hui : ils sont dix fois plus nombreux que les chats.
Ton écharpe est tombée
bien (…)

Poème
de l’instant

Serge Sautreau

Rivière je vous prie

Loin, un instant, des rives, souvenons-nous, riverains des cours de porcelaine, souvenons-nous des loges de verre, entre flammes et idoles, où se pâmaient le mythe, la révolte, les tyrannies de la fin…

Loin, à l’instant, loin du poumon fertile, c’est l’origine qui appelle avec de longs herbiers ondulant sous la nacre, laissant apercevoir des sables habités, des galaxie solubles, des à-pics de massifs coulés s’engloutissant dans le vert sombre.

Pour invoquer. Pour éveiller le dieu. Pour ne jurer de rien. Pour accueillir. Rivière.

Serge Sautreau, Rivière je vous prie, Éditions l’Atelier le Ciel sur la Terre, 1997