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Fonds : Jean-Pierre Sintive.

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Les mots sont des vêtements endormis

1er novembre 2014

Les mots sont des vêtements endormis

Tout tient dans l’air sans qu’il y ait besoin d’appui. Passerelle sans aucune rive. Passerelle entièrement aérienne d’où tu ne pourras pas te jeter. Le malheur veut que tous ceux qui passent par-dessus la balustrade ne tombent jamais. Leur vient toujours sous les pieds une autre passerelle.
Tu dis que tu aimerais te jeter, passer par-dessus la rambarde, alors que c’est le sol que tu cherches inlassablement.
Ni l’un ni l’autre ne viennent. Ni la chute ni le sol.
Avec cela attends-tu toujours que (…)

Haut Fail

1er novembre 2014

Haut Fail

Qu’est-ce qui se tue ou se sauve d’elle quand on la touche ?
EXTRAIT Après distraitement essuie la table la chaise le merle épie ce qui restera dans l’herbe fume en cachette une cigarette se donne le goût du noir après la pluie parfois bégaie par fatigue Va ouvrir la porte. Mange la lumière. La sueur mouille son dos. Etire ses bras, se frotte la poitrine, retient l’odeur des jours dans un papier de soie. Aujourd’hui, elle n’a rien fait. Elle ira voir la mer.
LE TEXTE Deux textes frères se succèdent (…)

Alimentation générale

1er juin 2014

Alimentation générale

… les sources recoulent-elles
quand le monde est en danger ?
pourquoi élaguer un orme énorme ?
pourquoi Tahar a-t-il peur en enfonçant sa ùmain
toute entière dans le trou sur la berge du fleuve ?
pourquoi sur de longues tiges d’herbe
les fourmis font-elles leurs Tarzanes ?
pourquoi aimons-nous l’eau claire
dans un verre transparent ?
pourquoi faut-il méditer ? ou moins écrire ?
pourquoi faut-il lire Arno Schmidt et Tarjei Vesaas
et André Dhôtel et Aaron Shabtaï… et…
(pourquoi les noms (…)

Le Troisième

1er décembre 2013

Le Troisième

Tu avais laissé
dans l’espace
des rails
où s’allonger
racontais comment
enserrer la mémoire
et la source
je m’en irai vers
l’infime et
l’étincelle
laisserai
les symphonies
l’accord des tourbillons
soudain te capturent
une lèvre
à l’arrière du feu
l’exactitude
d’une seconde

Cinq poèmes

13 juin 2013

Cinq poèmes

Édition limitée à 33 exemplaires numérotés,
imprimés en typographie sur Vélin d’Arches,
sous couverture Richard-de-Bas.
Epuisé

Tréfonds du temps de Maurice Benhamou

1er juin 2013

Tréfonds du temps de Maurice Benhamou

suivi de Trait-Fond,
encres de Chine de Jean Degottex
Quelqu’un
voulut construire un mur
pour étouffer
le cri d’un mur.
Le mur
criait
avec le mur.

Issue de retour

1er juin 2013

Issue de retour

On ne peut toucher l’espace
On se déborderait.
Toujours placer un objet
Entre soi
Et le monde.
Toujours traduire la pesanteur
Par des mots.

Sans titre de Geoffrey Squires

1er juin 2013

Sans titre de Geoffrey Squires

Comme nous parlons peu dans le noir
presque comme si nous avions peur
ou que cela voulait trop dire était trop important
ou que quelqu’un nous écoutait
comme si nous pouvions être entendus

Dans la lenteur

1er septembre 1998

Dans la lenteur

Le temps t’emporte, et respire au loin.
Hirondelles en l’aller et retour de la voix
distance jamais vaincue pourtant
les mots voyagent de l’un à l’autre
comme simple trait de chair.
ligne de coeur.
Le temps t’emporte, et tremble au loin.
Sous la caravelle blessée de tes mains
s’inscrit l’absence le long des corps
lumineux de l’été rêvant l’amour
sa lenteur en couloirs d’air et de silence
baiser du (…)

Poème
de l’instant

Fereydoun Faryad

Ciel sans passeport

Exil amer.
Aucune lettre, nulle visite.
Sauf un moineau
Qui s’est posé sur la fenêtre
Avec en son bec
Un vers de Sappho.

Fereydoun Faryad, Traduction de Jacques Lacarrière, Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.