Valse de Noël

de Boris Vian

Valse de Noël

Illustrations Nathalie Choux

Cette valse, écrite en 1955 – longtemps restée dans les tiroirs de Boris Vian – nous convie à une ronde joyeuse et bigarrée où l’on retrouve pêle-mêle des enfants sages, des dames de provinces, des bébés roses, des travailleurs, des clochards, des soldats… Toute une humanité réunie en ce jour particulier, et que l’auteur fait danser lors de saynètes qui jouent sur l’humour et l’accumulation loufoque. Fidèle à lui-même, Boris Vian en profite aussi et surtout pour faire de ce texte un appel au pacifisme et à la fraternité qui rappelle celui de la célèbre chanson « Le Déserteur » (1954). Par son imagination foisonnante et par sa langue, bien sûr, cette valse constitue une belle initiation à l’œuvre de Boris Vian, accessible aux enfants. Nathalie Choux l’accompagne ici d’images touchantes, presque surréalistes, plongeant le lecteur dans l’univers unique – où se mêlent ironie et tendresse – de ce grand auteur touche à tout de génie.

C’est la valse de Noël
Pour les enfants sages
Qui recevront des images
Et des caramels
Des ch’vaux, des voitures
Et des mécanos
Des boîtes de peinture
Et des jeux d’loto…

Boris Vian (1920-1959) écrivain français qui emprunta également le pseudonyme de Vernon Sullivan (J’irai cracher sur vos tombes) a construit une œuvre aux multiples facettes. Poète, parolier, chanteur, critique et trompettiste de jazz, directeur artistique… adepte de l’absurde, de l’humour, du jeu et de la fête, il fut membre du Collège de ’Pataphysique. On lui doit notamment la sublime histoire de Chloé et Colin qu’il raconte dans L’Écume des jours.

Nathalie Choux, née à Nancy, a suivi les cours des Arts Appliqués et des Arts Décoratifs de Paris. Illustratrice, elle vit ajourd’hui en région parisienne et travaille aussi pour la presse et la publicité. Elle réalise également de très belles céramiques, qui sont régulièrement exposées.

Paru le 25 octobre 2017

Éditeur : Grasset Jeunesse

Genre de la parution : Jeunesse

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.