Vanités Carré Misère d’Yves Boudier

Auteur : Yves Boudier

Vanités Carré Misère d'Yves Boudier

L’hypothèse de ce livre est la suivante : ces hommes et ces femmes que nous laissons mourir à nos pieds sont les Vanités d’aujourd’hui.
Elles nous somment de conjurer la mort pour consentir à nos vies mercenaires.

Que faire de ces poèmes haletants, brisés ? Ce ne sont certes plus des « morceaux d’éloquence ». Bossuet et Hugo, la Prose et le Poème nullement indifférents à la mort et à la misère du monde, tonnaient, châtiaient, « emportaient tout sur leur passage »… Le poème a perdu son théâtre – de chaire, de tribunes, de magistère, d’académies. La chair est plus que triste, hélas, et nous ne lisons plus les livres. La « performance » aujourd’hui cherche pour le poème son audience. Quelle « scène » pour l’audition ? Faut-il donner une voix, ou des voix, qui voci-fèrent mélo-dramatiquemente les pages qui vous attendent ici, et que je fus content de lire – à l’ancienne ? Un choeur, ou des récitants, ou un pupitre ? Chacun de nous (les frères) est averti. Memento quia…
Extrait de l’avant propos de Michel Deguy

Paru le 1er juin 2009

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes