Venezia central de F.J. Ossang

Venezia central de F.J. Ossang

Venezia Central
réunit des textes s’échelonnant sur une vingtaine d’années. Chacun d’eux marque le seuil d’une mutation, car telle est bien la fonction de la poésie : forcer un passage que la prose ni aucun récit cinématographique ne saurait former. Retour à la nudité rythmique des mots. Avec le recul du temps, ces textes semblent matérialiser le passage d’épreuves concises après lesquelles une ouverture s’est opérée – rien ne sera plus identique après eux, tant ils procèdent d’une expérience vécue-évanouie… Les amis disparus, la tentation brutaliste du rock’n’roll, la tenture neigeuse du cinématographe et le brouillard des grands récits captifs hantent plus que n’habitent tout Venezia Central. Et l’agitation d’un siècle parti avec eux tous, alors que bruit l’Ange de poèmes silencieux…

Paru le 1er janvier 2015

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Marceline Desbordes-Valmore

« Les roses de Saadi »

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, « Les roses de Saadi », Poésies de 1830.