Vent contraire de Paul de Brancion

Auteur : Paul de Brancion

Vent contraire de Paul de Brancion

Lorsque le soleil se couche derrière la montagne
Le contre-jour efface les visages, les contours des fentes
les ouvertures
le monde est un à-plat de lumière
qui s’agrandit démesurément
puis meurt de soi-même

Après, les lapins peuvent sortir en paix
brouter l’herbe de la nuit
et le monde respire
un corbeau rentre à son nid
une série de bruits nouveaux accède
à la vie
l’humidité monte du sol
le ciel s’établit au-dessus des arbres
qui s’obscurcissent à chaque instant.

Paru le 1er décembre 2003

Éditeur : Dumerchez

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Avis

Voyageurs du soir qui suivez la rumeur
Des vagues et l’étoile bleue des baies,
Gardez-vous de trop songer à vos songes
Et d’héberger pour longtemps les chagrins
Qui saccagèrent votre vie passée.
Il est au bout de la nuit une terre tout ensemble
Proche et lointaine que le jour naissant
Exalte d’hirondelles et de senteurs de goyave.
Un pays à portée de cœur et de sourire
Où le désir de vivre et le bonheur d’aimer
Brûlent du même vert ardent que les filaos.
Craignez de le traverser à votre insu :
Les saisons sur vos talons brouillent le paysage ;
Mais chaque pas est la chance d’un rêve.

Fatho Amoy, « Avis », Chaque aurore est une chance, Éditions CEDA, 1980.