Véracités Ponge, Jaccottet, Roubaud, Deguy

Véracités Ponge, Jaccottet, Roubaud, Deguy

Que se passe-t-il entre la prose et les vers lorsque les poètes réactivent leurs différences, prospectent leur altérité réciproque ? Comment, en se scindant, la poésie explore-t-elle ses limites ou étend-elle son champ ?
Que peut nous faire connaître la prose quand elle se retourne sur les vers, qu’elle met en doute ou au contraire découvre leur pouvoir de véracité ?
Comment la vie du poète prend-elle forme dans ces retours en lesquels l’œuvre s’invente en se reprenant ?
Diversement, les œuvres de Ponge, Jaccottet, Roubaud et Deguy répondent à ces questions qu’elles soulèvent. En chacune, l’enjeu est éthique ; chacune prend la mesure d’une vie particulière à l’aune de celles d’autrui et du temps présent.
Elisabeth Cardonne-Arlyck, agrégée de lettres, vit aux États-Unis où elle enseigne la littérature française à Vassar College, à Poughkeepsie, dans l’État de New-York. Elle est l’auteur, en français et en anglais, de plusieurs ouvrages et articles sur la littérature et la poésie du XXe siècle.

Paru le 1er janvier 2010

Éditeur : Belin/ Po&sie

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.