Verlaine emprisonné

Verlaine emprisonné

Cet ouvrage, fruit de l’exposition du même nom, propose d’appréhender l’un des chefs-d’oeuvre de Verlaine, Cellulairement, sous un prisme nouveau. Il aborde en effet la question des quatre principales "prisons" de Paul Verlaine. Son physique, qu’il ressent disgracieux, ajouté au véritable traumatisme fondateur d’une fraterie "en bocaux" ! Sa cage existentielle, qui le montre écartelé entre la fascination de l’enfer et l’appel de la grâce ; son abyssale dépendance à l’absinthe et son emprisonnement en Belgique, à Mons, consécutif à sa tentative d’homicide sur Arthur Rimbaud.

En miroir, ce livre offre une parfaite réflexion sur l’acte créatif et ses ressorts, son origine, sa complexité également.

Fac-similés, photographies rares, dessins et tableaux d’époque, donc certains inédits, complètent un voyage en compagnie du pauvre Lélian.

Puis, il y a le texte de Jean-Pierre Guéno, tout de sensibilité, de proximité, d’affection, empreint d’une douce empathie, ode à nos frères damnés, à tous les poètes maudits que la terre a portés.

Paru le 1er février 2013

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.