Vers le sud et suivi de Cela de Juan Gelman

Vers le sud et suivi de Cela de Juan Gelman

Édition et trad. de l’espagnol (Argentine) par Jacques Ancet. Postface de Julio Cortázar
Collection Poésie/Gallimard (n° 491), Gallimard
Parution : 01-01-2015
Né à Buenos Aires en 1930, Juan Gelman a tout à la fois été journaliste, traducteur, poète, militant révolutionnaire. Son engagement politique l’a contraint à quitter l’Argentine, où il était menacé de mort, en 1975, un peu avant que ne s’installe dans ce pays, de 1976 à 1982, l’une des pires dictatures qu’ait connue l’Amérique latine en un siècle pourtant fertile en horreurs et atrocités. Bien qu’exilé, Juan Gelman ne fut pas épargné. Les militaires séquestrèrent ses deux enfants et sa belle-fille enceinte. Son fils, Ariel, ne reparaîtra pas et c’est seulement tout récemment, après douze ans de recherches, qu’il finira par retrouver sa petite-fille âgée de vingt-trois ans, née en prison, enlevée à sa mère et, comme c’était courant alors, clandestinement « adoptée » en tout impunité par une famille de militaires.
Ayant vécu par la suite à Mexico, Juan Gelman était désormais le poète de référence et la conscience poétique de tout un continent, d’Argentine jusqu’au Mexique.…

Paru le 1er janvier 2015

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Est-ce pour maintenant ou pour toujours
Que le monde est pendu à une tige ?
Est-ce pour un rendez-vous ou par ruse,
Ces bois trouvés pour aller faire un tour ?

Est-ce miracle ou mirage
Si vers les miennes se lèvent tes lèvres ?
Et les soleils, comme des balles de jongleurs,
Sont-ils une feinte ou un gage ?

Darde tes feux, mon ange surprenant,
Faisant front de tes seins à la peur coupe court,
Te prenant maintenant, je te prends pour toujours,
Car le toujours est toujours cet instant.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.