Vies en vue

Auteur : Jean-Luc Steinmetz

<i>Vies en vue</i>

Vies en vue est le dixième livre de poésie de cet auteur majeur de la génération née dans les années 1940. Jean-Luc Steinmetz, écrivain de la constante interrogation, sait se remettre en question dans des recueils savamment composés. Toujours à la recherche de l’instant éblouissant qui l’emporterait, il affirme une écriture singulière porteuse d’une fine connaissance de la poésie tant actuelle qu’inscrite aux siècles précédents. Quatre parties forment ces Vies en vue auditives autant qu’optiques, puisque les vers et leurs rimes y reviennent à plusieurs reprises. « Retours sur images » reconstruit des épisodes heureux, avec juste ce qu’il faut d’ironie pour ne pas céder à la nostalgie érotique. « Points de suture » rejoint un style antérieur, d’intensité accrue. «  Varanasi » recueille les rushes d’un voyage en Inde, objectivement, selon les différences vécues et le flegme accordé. « Lettres à plusieurs » (également enregistré sur CD) redonne ses droits au genre épistolaire et confirme l’accent biographique distancié qu’exprimait déjà la première séquence. Ces quatre moments annoncent les poèmes narratifs d’un prochain livre testamentaire, comme celui qui peut venir après un long parcours.

Paru le 1er juin 2015

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes