Villanelle d’un vieux papa

Valérie Rouzeau

J’avais fini mes haricots
L’écuelle sous l’ampoule grillée
J’attendais de vivre bientôt

Mes ancêtres dans leurs sabots
Trépignaient depuis le passé
J’avais fini mes haricots

Et je buvais un noir pinot
A leur mémoire à ma santé
Espérant de vivre bientôt

J’étais le dernier des idiots
Ou le premier si vous voulez
J’avais fini mes haricots

Le front collé sur le carreau
Enfin de ma nuit relevé
J’attendais de vivre bientôt

Ici s’arrête ce lamento
Ou mes enfants vont me siffler
J’avais fini mes haricots
J’attendais de vivre bientôt

Poème
de l’instant

Les quatre coins du cœur

Un garçon qui, avec le courage des simples, aimait ce qu’il désirait, admettait ce qui l’émouvait, bref, s’y livrait sans se débattre. Naïvement, comme plus personne – ou si peu – n’en avait la possibilité, le courage ou la simplicité en ce siècle.

Françoise Sagan, Les quatre coins du cœur, Éditions Plon, 2019.