Villepreux

Cécile Oumhani

Fenêtres peuplées de rêves
Aux façades des maisons claires
Le matin est à mi-course
Et nos histoires se tairont jusqu’au soir
Suspendues dans un miroir
Où s’ouvrent les pages d’un cahier
Épris d’encre et d’envol
Car nos vies sont ailleurs
Et le jour est en crue de lumière
Nous le brodons de perles et d’espoir
Et pensons déjà l’été
À l’étoile des possibles
Dans ces rues aux voitures d’enfant
Dont le ciel de lit est un nuage
Fervent de tourterelles

Cécile Oumhani

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.