Villes Ciudades

Poètes français et argentins d’aujourd’hui / Poetas argentinos y franceses de nuestro tiempo

Auteur : Pascal Mora

Villes Ciudades

Café-poésie à Meaux

La poésie se vit, se partage, par-delà les frontières, les océans. Créé en 2015 sous forme associative, le Café-poésie de Meaux s’inscrit dans cette tradition de parole offerte, en permettant aux auteurs débutants et confirmés de venir lire leur texte, un samedi par mois, à la médiathèque municipale Luxembourg.
Cette même ouverture préside à l’anthologie. Né de la rencontre entre deux terres, deux peuples, le livre donne effectivement à entendre des créateurs très différents, français et argentins, séparés par la mer, les kilomètres, réunis par le verbe. Vieille terre de littérature, l’Hexagone converse ainsi avec un pays frère, situé outre-Atlantique, en un dialogue original et fécond. Car si l’Argentine demeure pétrie de culture française, la France, elle aussi, se nourrit de culture argentine. Par-delà les désormais classiques Borges ou Cortazar, écoutons ainsi la voix de ces jeunes écrivains. Établissons une nouvelle correspondance.
- Étienne Ruhaud

El Café-poésie de Meaux, que fue fundado en 2015, encarna la posibilidad de expresar su propia palabra poética y abre a todos los autores, las autoras la posibilidad de leer sus textos, un sábado cada mes, en la mediateca Luxembourg, municipio de Meaux.
La antología tiene el mismo propósito. A pesar de la lejanía, Argentina y Francia conversan en hermandad a través de la poesía. Ambas culturas tienen afición al arte y a la poesía y se nutren de sus respectivas tradiciones.

Photo de couverture : Jean-Charles Léon.

Paru le 18 novembre 2021

Éditeur : Unicité.

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.